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Les droits de l'homme,
droits humains, ou droits de la personne,
désignent un concept selon lequel tout être humain
possède des droits universels, quel que soit le
droit positif légal ou les autres facteurs locaux
tels que l'ethnie ou la nationalité.
Les droits de l'homme sont
les prérogatives reconnues aux individus,
considérées comme inhérentes à la personne humaine
et essentielles à la démocratie et à la paix, par
conséquent reconnues par des normes de valeur
constitutionnelle et/ou par des conventions
internationales, afin que leur respect soit assuré,
même contre l'État.
Selon cette philosophie —
combattue ou éclipsée au XIXème et au XXème siècles
par d’autres doctrines — mais à laquelle les
évènements de notre temps redonnent une singulière
actualité, l’homme, en tant que tel et
indépendamment de sa condition sociale, a des droits
"inhérents à sa personne, inaliénables et sacrés »
et donc opposables en toutes circonstances à la
société et au pouvoir. Ainsi, le concept de droits
de l’homme est-il par définition universaliste et
égalitaire, incompatible avec les systèmes et les
régimes fondés sur la supériorité ou la « vocation
historique » d’une caste, d’une race, d’un peuple,
d’une classe ou d’un quelconque groupe social ;
incompatible tout autant avec l’idée que la
construction d’une société meilleure justifie
l’élimination ou l’oppression de ceux qui sont
censés faire obstacle a cette édification (source :
Thierry, Sur, Combacau, Valée, « Droit International
Public », 1986, ed. MontChrestien).
L'existence, la validité
et le contenu des droits de l'homme sont un sujet
permanent de débat en philosophie et en sciences
politiques. Dès 1791, dans ses Vindiciae Gallicae
— ouvrage publié en réponse aux Réflexions sur la
Révolution française d' Edmund Burke, parues
l'année précédente — le philosophe britannique James
Mackintosh (1765-1832) exprimait le point de vue
philosophique d'un Libéral sur les évènement de la
Révolution française jusqu'au printemps 1791. Les
excès des Révolutionnaires et de la Terreur
l'amenèrent quelques années plus tard à s'opposer à
eux et à rejoindre Burke dans sa critique, mais sa
défense initiale des droits de l'homme
constitue un témoignage intéressant du point de vue
d'un Whig cultivé à cette époque, représentatif de
la philosophie libérale issue du Siècle des
Lumières.
Légalement, les droits de
l'homme sont définis dans les lois et conventions
internationales, et en plus dans les lois internes
de nombreux États. Cependant, pour beaucoup de gens,
la doctrine des droits de l'homme s'étend au-delà
des lois et forme une base morale fondamentale pour
réguler l'ordre géopolitique contemporain.
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Dénomination
Depuis la fin du
XXe siècle,
nombreux sont ceux qui préfèrent le terme de
droits humains (qu'ils trouvent moins sexiste et
plus cohérent, et qui se trouve être la traduction
littérale de l'équivalent en anglais : human
rights. La Commission française consultative des
Droits de l'Homme a réfuté ces arguments dans un
avis daté du 19 décembre 1998 ), mais la
dénomination traditionnelle reste la plus utilisée
en français. Dans ce même esprit, des femmes
proposent de parler de droits de la personne,
comme on le fait déjà au Canada.
Histoire
*Antiquité
- Article détaillé : Cylindre de Cyrus.
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 Le Cylindre de Cyrus est un cylindre d'argile sur lequel est
inscrit en akkadien
cunéiforme une
proclamation du roi de
Perse Cyrus II. Il a été
découvert à Babylone en
1879, et il est
désormais exposé au
British Museum de
Londres. Ce texte est
consécutif à la prise de
Babylone par ce dernier,
après sa victoire sur le
souverain local,
Nabonide, en 539 av.
J.-C. Ce document est
couramment mentionné
comme la « première
charte des droits de
l'homme ». En 1971,
l'ONU l'a traduit dans
toutes ses langues
officielles. On peut en
fait le resituer dans
une tradition
mésopotamienne
présentant l'idéal du
roi juste, dont le
premier exemple connu
est celui du roi
Urukagina de Lagash,
ayant régné au
XXIVe siècle
av. J.-C., et
dont un des autres
illustres représentants
est Hammourabi de
Babylone, avec son
fameux code datant du
XVIIIe siècle
av. J.-C..
L'inscription de Cyrus
présente pourtant
quelques caractères
novateurs, notamment sur
les décisions concernant
la religion.
La proclamation les
décisions justes prise
par Cyrus II n'est
qu'une partie du texte.
Le début retrace les
évènements ayant amené à
la prise de Babylone par
Cyrus : il y est décrit
comment Nabonide était
un mauvais roi, qui a
attiré à lui la colère
du grand dieu national
Marduk, qui a alors
cherché un nouvel élu
pour sa ville, et a
choisi Cyrus. Il a
permis à ce dernier de
remporter une grande
victoire contre les
Mèdes, et, devant
l'attitude juste de
celui-ci, il l'a chargé
de prendre Babylone pour
devenir le "Roi du
Monde". Le texte décrit
comment cet avènement
fut reçu avec une grande
satisfaction par les
Babyloniens, contents
d'être débarrassés de
Nabonide. Cette partie
du texte est très proche
dans l'esprit de la
Chronique de Nabonide,
relatant les mêmes
évènements avec la même
partialité. Elle
retranscrit l'état de
pensée des anciens
opposants de Nabonide,
dont devaient faire
partie les puissants
membres du clergé de
Marduk à Babylone.
Viennent ensuite les
mesures prises par Cyrus
pour les Babyloniens :
il règne pacifiquement,
délivre certaines
personnes de corvées
injustes. Il octroie aux
gens des pays déportés
le droit de retour dans
leur pays d'origine, et
laisse les statues de
divinités autrefois
emmenées à Babylone
revenir dans leurs
sanctuaires d'origine.
Il proclame la liberté
totale de culte dans son
empire.
La fin du texte,
lacunaire, commémore la
reconstruction de
Dur-Imgur-Enlil, une
muraille de Babylone.
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L'Iran, marqua le concept des droits de l'homme
au VIe siècle av. J.-C. sous le règne de Cyrus le
Grand. Après sa conquête de Babylone en -539, le roi
fit exécuter le cylindre de Cyrus, découvert en
1879. Ce document est couramment mentionné comme la
« première charte des droits de l'homme ». En 1971,
l'ONU l'a traduit dans toutes ses langues
officielles. On peut en fait le resituer dans une
tradition mésopotamienne présentant l'idéal du roi
juste, dont le premier exemple connu est celui du
roi Urukagina de Lagash, ayant régné au
XXIVe siècle
av. J.-C.,
et dont un des autres illustres représentants est
Hammourabi de Babylone, avec son fameux code datant
du
XVIIIe siècle
av. J.-C..
L'inscription de Cyrus présente pourtant quelques
caractères novateurs, notamment sur les décisions
concernant la religion.
Ce document retrace les évènements ayant précédé
la prise de Babylone, puis expose les décisions de
Cyrus pour les Babyloniens : il règne pacifiquement,
délivre certaines personnes de corvées injustes. Il
octroie aux gens des pays déportés le droit de
retour dans leur pays d'origine, et laisse les
statues de divinités autrefois emmenées à Babylone
revenir dans leurs sanctuaires d'origine. Il
proclame la liberté totale de culte dans son empire.
Dans la Rome antique, il y avait la notion de
droit de cité, qui était un ensemble de droits
qu'avaient tous citoyens romains.
*Époque moderne
La notion de droits minimaux dus à la seule
qualité d'être humain, ou droits naturels, est à la
fois très ancienne et très générale. Ce qui
caractérise l'idée des droits de l'homme, c'est
l'idée de les inscrire explicitement dans le droit
(oral ou écrit), de leur reconnaître une application
universelle et une force supérieure à toute autre
norme. On passe alors souvent par une forme de
proclamation, plutôt que par les règles ordinaires
d'édictions des normes légales ; les termes
utilisées sont ceux d'une évidence préexistante et
indiscutable, qu'on découvre et qu'on reconnaît,
plutôt qu'une simple convention discutable.
L'unanimité est implicitement convoquée comme source
de la légitimité de ces droits. Même si des
références au divin ou des influences religieuses
peuvent se trouver, ils se distinguent bien d'une
règle religieuse par leur caractère universel et
laïc.
Avec cette définition (non du contenu, mais de la
forme), on peut remonter au moins jusqu'au Moyen Âge
pour trouver les premières manifestations, concrètes
et avec des effets réels dans les pratiques, de
l'idée des droits de l'Homme.
Pendant le
XVIe siècle, en
Occident, la découverte des peuples indigènes de
l'Amérique par les européens et les premières
pratiques de déportation d'africains vers le
"Nouveau Monde" sont à l'origine de l'activisme pour
les droits humains de Bartolomé de Las Casas et
certains secteurs de l'Église Catholique qui se
manifestent avec les actes Veritas ipsa et Sublimis
Deus
La première déclaration de droits de l’homme de
l’époque moderne est celle de l’État de Virginie
(EEUU), écrit par George Mason et adoptée par la
Convention de Virginie le 12 juin 1776 (Bill of
Rights).
Elle a été largement copiée par Thomas Jefferson
pour la déclaration de droit de l’Homme contenue
dans la Déclaration d’Indépendance des EEUU (4
juillet 1776), par les autres colonies pour la
rédaction de ces déclarations de droits de l’Homme,
et par l’Assemblée nationale française pour la
Déclaration Française de Droit de l’Homme et des
Citoyens de 1789.
La notion de droit de l'homme restera
pratiquement stable pendant près d'un siècle, puis,
sous l'influence de la prise en compte de problèmes
sociaux et après plusieurs décennies, les droits
dits de « deuxième génération » (ou
« droits-créance » garantis par l'État sur les
autres êtres humains) ont été ajoutés par la
Déclaration Universelle des Droits de l'Homme (ONU,
1948).
*Les droits de l'homme depuis la création de l'ONU
La place de l'organisme des Nations unies dans la
légitimation et la promotion des Droits de l'Homme
est essentielle.
Depuis la Charte des Nations unies (1945) et la
Déclaration Universelle des Droits de l'Homme, la
notion de droits de l'homme a été étendue, légiférée
et des dispositifs ont été créés pour surveiller les
violations de ces droits. Citons certains évènements
marquants :
- 1966 : Adoption par l'ONU du Pacte
international relatif aux droits civils et
politiques et du Pacte international relatif aux
droits économiques, sociaux et culturels.
- 1967 : Création de mécanismes d'enquêtes par
la Commission de l'ONU sur les violations des
Droits de l'Homme des pays membres.
- 1991 : Première rencontre internationale des
institutions nationales de promotion et de
protection des droits de l'homme organisée par
la Commission nationale consultative des droits
de l'homme (CNCDH) à Paris sous l'égide des
Nations unies.
- Décembre 1993 : Adoption par l'Assemblée
générale des Nations unies du Programme d'action
de Vienne, qui accorde une large place à la
démocratie et au développement, considérés comme
faisant partie intégrante des Droits de l'Homme
et qui appelle tous les États parties à créer
des institutions nationales garantes des Droits
de l'Homme.
- 2006 : Création du Conseil des droits de
l'homme de l'ONU lors de l'adoption par
l'Assemblée Générale le 15 mars 2006 de la
résolution A/RES/60/251.
Extension du concept des droits de
l'homme
La philosophie des droits de
l'homme s'interroge sur l'existence,
la nature et la justification de
tels droits face aux reproches que
peut encourir l'affirmation de leur
universalité dans un monde
tenté par le relativisme. C'est une
question particulièrement importante
de la philosophie politique
contemporaine.
Les points initiaux concernaient
principalement la liberté, la
sûreté, la propriété et la
résistance à l'oppression
(déclaration de 1789), qui sont des
droits contre l'État et trouvent
leur inspiration dans le
libéralisme. Des versions
ultérieures y ajoutèrent des
questions de dignité et de
bien-être (éducation, santé,
etc.), qui sont des droits sur
l'État, inspirés du socialisme au
sens large.
On peut distinguer quelques
traits généraux :
- les droits de l'Homme sont
des droits en un certain sens :
- les hommes sont porteurs
de ces droits
- ces droits définissent
des statuts de protection
(par exemple, le droit de
vivre doit être protégé par
la loi)
- ces droits impliquent
des devoirs et des
responsabilités (devoirs de
protection, de respect, de
mise à disposition des
moyens d'application de ces
droits, d'assistance, etc.)
- les droits de l'homme sont
conçus comme des normes
politiques indiquant comment des
citoyens doivent être traités
par leur État et leurs
institutions
- mais certains droits
interviennent de manière
évidente dans les croyances et
les comportements privés, comme
par exemple l'égalité et ce qui
concerne la lutte contre les
discriminations. La dimension
morale de ces droits peut aussi
être entendue de manière plus
fondamentale : les Droits de
l'Homme en eux-mêmes engagent en
effet une certaine conception de
l'homme et de ce qu'il doit
faire ou ne pas faire. Ce qui
implique a contrario qu'on peut
critiquer ces droits au nom
d'une autre conception de
l'homme (Cf. infra)
- Les Droits de l'homme sont
des normes minimales plutôt que
des idéaux abstraits : ils
définissent les limites
au-dessous desquelles la vie
humaine est intolérable (en
termes de besoins humains :
nourriture, habitat entre
autres)
- les Droits de l'Homme sont
des normes internationales, qui
doivent concerner tous les pays
et tous les peuples
- les Droits de l'Homme sont
des normes prioritaires :
personne ne peut en être privé
sans graves injustices
- les Droits de l'Homme sont
inaliénables : personne ne peut
les perdre, temporairement ou
définitivement, volontairement
ou non.
- un postulat des droits de
l'Homme est qu'ils sont
suffisamment justifiés pour être
transculturels ; autrement dit,
les droits de l'Homme sont en
principe des normes rationnelles
Aspects institutionnels et
juridiques
Les droits de l'homme ont ainsi
de plus en plus une consistance
juridique dans le monde, du fait
tant :
- de leur intégration dans des
constitutions et des lois
- que de la création de
juridictions internationales,
telles que la Cour européenne
des Droits de l'Homme. C'est
ainsi que la jurisprudence
construite progressivement par
cette dernière concernant les
différends entre les États et
les particuliers commence à
être prise en compte par la
doctrine juridique dans de
nombreux pays, même non
européens.
Droits
de l'homme et démocratie
La source du droit dans le
domaine des droits de l'homme vient
de l’existence de l’individu, alors
que la source du droit dans des
régime démocratiques dérive par
définition de la volonté générale.
Les démocraties assument en
principe le respect des droits de
l'homme, notamment à travers la
doctrine de l'État de droit.
Toutefois, il ne faut pas confondre
le respect des droits de l'homme par
un État et son caractère
démocratique, même si les deux vont
souvent de pair.
Un État démocratique peut violer
les droits de l'homme. Pour
l'éviter, on estime qu'il faut
limiter la souveraineté du peuple
par des garde-fous indépendants : ce
rôle est souvent tenu par les
instances judiciaires, comme indiqué
ci-après pour la Cour européenne des
Droits de l'Homme.
Inversement un État autoritaire
viole par définition les droits de
l'homme (par le non-respect de la
liberté, et la menace qu'il fait
peser sur les autres droits). Mais
il arrive fréquemment que, dans une
situation où les Droits de l'homme
(à commencer par le respect de la
vie) sont violés par des individus
ou des groupes non étatiques ou
étrangers, le peuple croit
préférable (à tort ou à raison) de
faire appel à des régimes
autoritaires pour faire face à la
situation.
L'inclusion des droits de l'homme
dans le droit positif
Les droits de l'homme sont
l'enjeu d'une lutte entre
l'affirmation de la souveraineté des
États et l'établissement d'une
sphère inviolable autour de chaque
individu.
C’est lorsque ces deux sources de
droit entrent en conflit que la
société doit trouver un équilibre et
un moyen de concilier ces deux
impératifs. Par exemple, nous
bénéficions de la liberté
d’expression, mais la loi pénale
interdit que l’on insulte son
voisin ; nous avons chacun le droit
fondamental de nous marier, mais la
loi civile interdit le mariage entre
frères et sœurs ; dans plusieurs
pays, le droit à l’avortement existe
sans que cela soit considéré comme
une violation du droit fondamental à
la vie.
Les lois dans ces exemples ne
violent pas pour autant
nécessairement les droits de l’homme
mais ceci pose la question difficile
de savoir quelles sont les limites
acceptables que la loi peut imposer
aux droits de l’homme, dans une
société démocratique régie par le
droit. Cette tache, extrêmement
délicate, revient à des juges
constitutionnels ou à des Cours
suprêmes.
Classification
Classiquement, on distingue :
- Les libertés individuelles :
c'est le pouvoir
d'autodétermination de chaque
individu. On peut compter parmi
ces dernières :
- la liberté physique (Habeas
corpus'), ou sûreté
(Montesquieu)
- les libertés familiales
(liberté du mariage,
filiation, et aujourd'hui
vie privée)
- la propriété privée
(assimilée par la
Déclaration de 1789 à un
droit naturel et
imprescriptible de l'Homme,
articles 2 et 17)
- la liberté contractuelle
(article 1134 du Code civil
français)
- Les libertés politiques,
c'est-à-dire la participation
des citoyens aux décisions
politiques. Elles recouvrent
entre autres les libertés des
cultes, de réunion, de
conscience, de l'enseignement,
de communication, d'association,
etc.
Aujourd'hui, les deux types de
libertés sont mêlés, notamment en
raison d'une revendication et d'une
protection concomitantes.
On distinguera plus volontiers :
- les libertés résistantes,
qui refoulent le pouvoir
étatique et protègent les
libertés individuelles et
politiques. C'est une sorte de
minimum, de ligne blanche que le
pouvoir étatique ne saurait
dépasser
- les droits de créances, que
l'État doit, en juste retour
d'un abandon d'une part de la
liberté de ses citoyens. Ce sont
aussi les droits sociaux. La
notion apparaît à la suite des
luttes socialistes, et elle est
aujourd'hui considérée comme
part entière de l'État de droit
Critique des Droits de l'Homme
Les droits de l'homme sont
généralement considérés comme une
invention occidentale moderne. Bien
que des proclamations similaires
existent en fait en d'autres lieux
et d'autres époques, elles sont
simplement plus mal connues, comme
la Charte du Manden dans l'actuel
Mali. En outre, ils sont de fait
utilisés comme un moyen de pression
des pays dits « occidentaux »
sur le reste du monde. Certains y
voient même une arme idéologique de
destruction culturelle et
religieuse, et d'asservissement
économique des autres nations.
Le principe d'universalité des
Droits de l'Homme est parfois remis
en cause. Les pays occidentaux sont
accusés de vouloir relancer
indirectement une politique
colonialiste, remodelant le monde à
l'image qu'ils souhaitent donner
d'eux-mêmes. Cette crise à été
particulièrement aiguë en ce qui
concerne le principe de l'ingérence
humanitaire, qualifiée par Bernard
Kouchner de droit, et même de
devoir d'ingérence.
Ce constat a amené l'Organisation
de l'unité africaine (OUA) à
déclarer en 1981 la Charte africaine
des droits de l'Homme et des
peuples. Cette charte reprend le
principe de la Déclaration
universelle de 1948, en y ajoutant
un certain nombre de droits qui y
ont été négligés : le droit à
l'autodétermination des peuples ou
l'obligation faite aux États « d'éliminer
toutes les formes d'exploitation
économique étrangère » par
exemple.
Il faut également citer la
Déclaration des droits de l'Homme en
Islam adoptée le 5 août 1990 par
l'Organisation de la conférence
islamique.
L'universalisme - ou
l'universalité - des Droits de
l'Homme, tels que définis en
Occident, est souvent mise en
opposition au relativisme culturel
qui promeut une notion d'égalité des
cultures - fussent-elles les plus
brutales du point de vue du monde
occidental, et qui peut aussi aller
jusqu'à rejeter toute possibilité
d'évolution des valeurs ethniques en
vertu du principe de la lutte contre
l'acculturation.
La vision occidentale des droits
fondamentaux, fondée sur les
libertés civiles et politiques,
s'est longtemps opposée au sein de
l'Organisation des Nations unies
(ONU) à celle du bloc socialiste
privilégiant les droits économiques,
sociaux et culturels et la
satisfaction des besoins
élémentaires. L'effondrement de
cette idéologie concurrente à la fin
du
XXe siècle
a, par contrecoup, favorisé la
diffusion actuelle du modèle
occidental.
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La
Déclaration des droits de l’Homme en Islam,
adoptée au Caire le 5 août 1990 par l'Organisation de la
conférence islamique, est une volonté de relecture des droits de
l'Homme dans un cadre compatible avec la Charia. Cette relecture
s'est notamment traduite par une forte imprégnation religieuse
et une omission de certains droits présents dans la déclaration
originale, comme la liberté de choisir et de changer de
religion.
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